this post was submitted on 02 Apr 2026
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Poésie

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founded 11 months ago
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Pour le glopowrimo je posterai ici mes textes que je veux bien poster. Je suis toujours OK pour la critique, même négative, et ne crois pas qu'il faille connaître ni "maîtriser" un art pour donner son avis dessus, sinon ce serait super chiant les conversations chaque fois qu'on regarde un film. J'écris des trucs déprimants et, de temps en temps, hyper cons, comme ça vous savez.

top 3 comments
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[–] troot@piefed.blahaj.zone 2 points 1 month ago

Jour 02

les *psy ont décrété qu’on manipulait
des métaphores
un peu bizarres un peu schizo un peu edgy
incapables de voir les leurs
dans idées noires contenir
se faire du mal

soigner

on leur donnait la viande crue des pensées
comme elle était
un peu edgy un peu schizo un peu bizarre

des années de traduction plus tard
on a appris leur langage
et ne leur parle plus

[–] troot@piefed.blahaj.zone 2 points 1 month ago

Jour 06

30 ans que les canons crachent les rivières essoufflées sur les pistes
les skis chaussés
la protestation s'amollit

été des truites étiques remontent des torrents sur des hameçons
jusque
quand
elles pourront bien disparaître avec les insectes des pierres retournées et tout ce qu'on ne remet jamais en place
sans regarder en arrière
ni devant

la marmotte
a des papiers pour la frontière
avec la PAF on sait jamais
emballages de biscuits PQ pas enterré
plastique alu mégot
le randonneur est-il plus crade que l'exilé est-il plus crade que le touriste et
après combien de départs
devient-on touriste
chez soi

[–] troot@piefed.blahaj.zone 1 points 1 month ago

Jour 03 (je suis un peu à la bourre, plus sur les internettes que sur l'écriture)

l'originalJ'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
– Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité.
– Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

mes âneries
J’ai plus de diagnostics que si j’avais mille psy
Un gros classeur tout noir de bilans neuropsy
D’examens, QCM, de notes de séances
Et de compte-rendus de séjours aux urgences
Cache moins de secrets que mon très gros cerveau.
C’est un roc, c’est un pic, c’est un giga-caveau
Où crèchent des zombies à l’abri de la lune
Qui cherchent un souvenir pour que je les exhume,
Ils grouillent de remords, de chaos et de vers
Et dévorent toujours les mots les plus pervers.
Je suis un vieux couloir plein de clous et de rouille
Avec les os cagneux ; mon ultime bafouille
Est un texte plaintif où mon pâle surmoi
Seul respire l’odeur de ce n’importe quoi.