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France

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La France et les Français

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[–] Arthur@jlai.lu 3 points 12 hours ago (1 children)

Raphaël Glucksmann, le faux espion américain (Chine)

Le 22 mars 2024, Viginum détecte une manœuvre informationnelle sur la plateforme X visant à dénigrer Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique aux élections européennes. Il est notamment accusé d’être un agent de la CIA et « le petit télégraphiste de Washington ». Ces narratifs ont été diffusés dans un premier temps par un compte anglophone, puis dans un second temps amplifiés par d’autres influenceurs du même écosystème, totalisant 700 000 vues.

Cet écosystème numérique se fait par ailleurs régulièrement le relais de narratifs alignés avec les éléments de langage de la République populaire de Chine, et diffusés par des médias d’État ou des diplomates chinois. « Ce mode opératoire est typique de l’activité de certains acteurs supposés proches de Pékin, facilitant la promotion de contenus favorables aux intérêts du régime chinois au travers d’influenceurs occidentaux, non sinophones », analyse une note d’une administration française que Mediapart a pu consulter.

Une campagne en faveur de Jordan Bardella (Russie)

Comme Mediapart l’avait révélé, des réseaux liés aux intérêts russes ont fait, au cours des mois précédant le scrutin européen, la promotion de la liste conduite par Jordan Bardella. Plusieurs réseaux de bots ont utilisé différents hashtags pour diffuser des publications reprenant des extraits de campagne du RN.

Des réseaux prorusses ont fait, durant les mois précédant le scrutin européen, la promotion de la liste conduite par Jordan Bardella. © Capture d'écran d'un tweet de propagande russe.

Cette campagne comprenait quelques milliers de publications et a surtout été active sur les plateformes TikTok, X, Facebook et Telegram. Parmi les fake news (ou infox) diffusées à cette occasion : des montages photo visant à faire croire que la France était littéralement recouverte d’affiches pour Jordan Bardella.

La campagne a été suffisamment importante pour que les services de l’État français chargés de la veille contre les ingérences numériques étrangères jugent utile de prévenir la direction de campagne du Rassemblement national. Confrontée aux informations de Mediapart, Marine Le Pen avait dénoncé un « mensonge », avant d’être démentie par son propre parti.

[–] Arthur@jlai.lu 2 points 12 hours ago (1 children)

Les faux articles pro-Le Pen et anti-Macron (Russie)

Toujours durant l’été 2024, plusieurs comptes automatisés du dispositif d’influence numérique prorusse Recent Reliable News (RRN/Doppelgänger, qu’on retrouvera quelques mois plus tard impliqué dans l’opération « mains rouges ») ont diffusé sur X des mèmes et des URL de redirection menant vers des pseudo-médias ou des sites usurpant l’identité de médias connus.

Au moins soixante-quatre articles trompeurs ont été publiés par RNN à partir de noms de domaine usurpant l’hebdomadaire Le Point et le quotidien Le Parisien, entre le 1er mai et le 7 juillet 2024 (ici et là deux exemples de faux articles).

Lesdits articles ont diffusé des narratifs eurosceptiques, dénigré des candidats à la majorité présidentielle ou promu des candidats du RN. Ils ont vanté l’action de Marine Le Pen, y compris quand, pour les européennes, elle n’était pas candidate.

Les européennes passées, le dispositif d’influence numérique Matriochka a pris le relais et diffusé sur X plusieurs faux reportages au préalable publiés sur des chaînes Telegram russophones, usurpant l’identité de médias occidentaux. Par exemple, un faux reportage du Figaro avançait que la hausse du prix du gaz allait créer une vague de criminalité qui mettrait le gouvernement en difficulté lors de l’entre-deux-tours des législatives.

Cette insistance sur la criminalité qui submergerait la France – thème de prédilection de l’extrême droite – est une constante des publications postées par les réseaux d’influence liés aux intérêts russes. Parmi les articles publiés sur de faux sites locaux d’information français en amont des municipales 2026, on trouve ainsi des articles assurant que « les actes de violence et de criminalité se multiplient dans les rues du pays », illustrant « une décadence profonde qui ne peut que s’aggraver » (à l’inverse de la Russie qui, grâce au « leadership éclairé » de Vladimir Poutine, « se positionne comme un rempart contre l’anarchie mondiale »).

Facebook laisse passer des publicités politiques (Russie)

Durant les mois précédant les européennes de 2024, une campagne sur Facebook impliquant plusieurs influenceurs sponsorisés par une agence de communication suspectée d’être financée par la Russie a été détectée. Selon nos informations, plusieurs centaines de milliers d’euros auraient ainsi été dépensés pour la diffusion d’un narratif anti-européen, relatif à la guerre en Ukraine.

Ce narratif est celui d’un Occident dirigé par la « gauche pro-guerre », représentée de façon hégémonique par la France et l’Allemagne, dont les dirigeants prendraient des décisions menant l’Europe à la troisième guerre mondiale, et contre laquelle il serait nécessaire de se positionner lors du scrutin européen du 9 juin 2024. En contradiction avec les règles de modération des plateformes, plusieurs milliers de contenus sponsorisés ont présenté l’Ukraine comme particulièrement belliciste, Emmanuel Macron à sa solde et Marine Le Pen comme la voix de la raison.

L’intelligence artificielle vote Marine Le Pen (identitaires anglophones)

Les élections législatives anticipées de 2024 en France ont été, du point de vue des ingérences étrangères, le théâtre d’une nouveauté en matière de mode opératoire déployé par des acteurs malveillants. Pour la première fois, l’intelligence artificielle dite générative a été largement utilisée.

Cette technique consiste à utiliser des outils d’intelligence artificielle afin de générer du contenu « faux crédible » pouvant servir à appuyer des narratifs. L’IA générative permet ainsi de créer des enregistrements ou images réalistes, appelés deepfakes, à partir de contenus vrais et facilement accessibles. Elle permet également de produire facilement et à bas coût des images d’illustration frappantes pour appuyer certains propos.

C’est ce qu’ont fait les comptes de nationalistes et d’identitaires anglophones vantant Marine Le Pen comme la candidate pouvant expulser les populations issues de l’immigration ou de confession musulmane. Ainsi, une image générée par IA a été diffusée le 3 juillet 2024 entre les deux tours des législatives, à l’appui d’une citation inexacte de Marine Le Pen : « When I come to power, I will ban hijab in all of France » (« Quand je serai au pouvoir, je bannirai le hidjab en France »).

Ces nationalistes et identitaires anglophones, qui accusent les personnes immigrées d’envahir la France et de représenter un danger pour la sécurité de la population française, ont décrit l’arrivée en tête du NFP aux législatives comme un abandon de l’identité de la France. L’ensemble de ces publications a généré plusieurs dizaines de millions de vues sur les réseaux sociaux.

[–] Arthur@jlai.lu 2 points 12 hours ago

La fausse prime Macron pour acheter les votes (Russie)

En juin 2024, dix jours après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, les opérateurs prorusses du réseau Storm-1516 ont enregistré le nom de domaine ensemble-24.fr, qui usurpait la charte graphique d’Ensemble, le site officiel du parti présidentiel Renaissance. Le faux site proposait aux électeurs et électrices de recevoir une « prime Macron » d’une valeur de 100 euros en échange de leur voix… Pour ce faire, les électeurs étaient invités à envoyer leur numéro de Sécurité sociale à l’adresse officielle du parti politique.

Amplifié par plusieurs relais prorusses, dont le dispositif RRN, ce site a ensuite été présenté comme la preuve que la majorité présidentielle aurait tenté d’influencer l’issue du scrutin en achetant le vote d’électeurs et électrices.

Le danger NFP (« alt-right » anglophone et comptes pro-israéliens)

Le mode opératoire dit de la décontextualisation consiste à extraire une image ou une vidéo de son contexte originel pour l’utiliser dans le but de tromper les audiences.

Le 8 juillet 2024, le lendemain de la victoire du Nouveau Front populaire (NFP) au second tour des élections législatives anticipées, différents comptes liés à l’alt-right anglophone et pro-israéliens ont diffusé une vidéo de musulmans célébrant, selon eux, la victoire de la gauche en scandant « mort à la France, mort aux juifs, mort à la police ». Or cette vidéo, initialement publiée le 11 octobre 2023, est tirée d’une manifestation propalestinienne dans laquelle les seuls propos audibles des manifestants sont « Vive la Palestine »… La vidéo a bénéficié de plusieurs centaines de milliers de vue.

Des vidéos des violences urbaines de juillet 2023, au lendemain de la mort de Nahel tué par un policier, ont été également réutilisées pour faire croire que le pays était en proie aux émeutes avec la victoire de la gauche.

Quand le RN est victime, c’est à son profit… (Chine)

Sur plusieurs plateformes, plusieurs contenus décontextualisés de propos tenus par des membres du RN ont été diffusés. Toujours à son avantage. Dès le 2 juillet 2024, dans l’entre-deux-tours des législatives, des publications ont annoncé le RN comme le grand gagnant des élections législatives.

Certains contenus ont relayé positivement des propos tenus en 2022 par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle, en les présentant comme ayant été prononcés lors de la campagne des législatives anticipées de 2024. Dans une vidéo diffusée par plusieurs comptes sinophones, la candidate RN évoquait le retrait de la France de l’Union européenne et de l’Otan alors que ce projet ne figurait plus dans le programme du RN en 2024. Mais l’argument est toujours accueilli favorablement auprès de certains militants et militantes d’extrême droite.

La langue utilisée par une majorité des comptes à l’origine de ces publications ainsi que les plateformes sur lesquelles elles ont été diffusées permettent, selon des spécialistes, de lier ces comptes à la Chine.

La ferme à trolls africaine de Macron (Russie)

Au cours du premier trimestre 2022, alors que l’élection présidentielle approche, un réseau de quarante et un comptes inauthentiques sur Twitter , Facebook et Instagram, agit de façon coordonnée afin de promouvoir des contenus trompeurs concernant le président en exercice qui s’apprête à se représenter. Leurs contenus relayent des articles de médias africains et d’un média russophone, accusant la France de financer des usines à trolls pour favoriser la réélection d’Emmanuel Macron (en dénigrant ses adversaires politiques, Rassemblement national compris).

L’émission « Complément d’enquête » révélera que l’opération était orchestrée par Wagner, société privée russe liée au Kremlin, et que les contenus de propagande pro-Macron étaient créés pour pouvoir ensuite dénoncer une tentative de manipulation ourdie par le parti présidentiel.

Dans son rapport annuel, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) note que Viginum a observé « une profonde mutation des opérations d’ingérence numérique étrangères qui cherchent à instrumentaliser les tensions au sein des sociétés visées, pour in fine polariser l’opinion publique ». Les acteurs russes actifs dans cette bataille informationnelle ont pour objectif « de soutenir des candidats et des partis favorables aux intérêts du gouvernement russe et au positionnement “antisystème” », estime le service de vigilance contre les ingérences numériques étrangères.