troglodyte_mignon

joined 2 years ago
[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 1 points 38 minutes ago

Les Petits Contes de printemps de Sôseki. Ce sont des histoires très courtes, de quelques pages, parfaites pour se récompenser entre deux exercices. Si vous avez des suggestions du même format, ça m’intéresse !


J’ai appris dans la Charette bleue, autobiographie de l’enfance de Barjavel, que les vélos avaient des plaques à l’époque :

C’est devant lui que j’eus mon premier contact avec la rigueur inexorable de la loi. J’avais pris la bicyclette de la boulangerie qui servait à livrer le pain, avec son panier fixé au guidon, et je faisais des circuits autour de la place, en pédalant à travers le cadre, car le vélo était trop grand pour moi.

Comme je virais devant chez Deligny, autour d’un chevalet de fer, deux gendarmes m’arrêtèrent.

— Votre plaque ?

Consterné. Effrayé. Je n’en avais pas...

La plaque de bicyclette était l’ancêtre de la vignette auto. On l’achetait chaque année chez le bureau de tabac, petit rectangle de fer-blanc à l’effigie de la République, qui devait resté fixé en permanence sur le vélocipède. Mais il arrivait qu’elle fût volée. Alors on la gardait dans sa poche. La nôtre était dans le tiroir du comptoir du magasin. C’est ce que j’expliquait aux gendarmes, en leur demandant de venir le vérifier. C’était là, tout près.

Ils refusèrent. Le père Deligny intervint. Sans résultat. Ils dressèrent procès-verbal. Je rentrai à la maison couvert de honte. Ma mère s’indigna, parla d’aller trouver le sous-préfet, qu’elle connaissait comme présidente du syndicat des boulangers de Nyons. Mon père riait. Il trouvait tout beau, tout drôle. Il était revenu de la guerre...

Moi je découvrais l’existence d’un monde rigoureux, abstrait, avec lequel on ne pouvait pas s’accommoder.

René Barjavel, la Charette bleue, page 194 de l’édition Folio.

Je n’arrive pas à me représenter ce qu’il veut dire par « pédaler à travers le cadre ».

AJA que Balzac s’est inventé sa propre particule.

Pas besoin de fertilisant, finalement.

[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 1 points 21 hours ago (1 children)

C’est une blague ou c’est vrai ?

[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 1 points 21 hours ago (3 children)

chatière à puce

Je ne savais même pas que ça existait.

[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 0 points 23 hours ago (5 children)

Ouille, pauvre chatounet.

[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 4 points 1 day ago* (last edited 1 day ago)

Je savais que kaputt était un mot allemand, mais pas qu’il venait à l’origine du français. La routourne a tourné, comme disait le poète.

Pour moi, le nettoyage de vitres est la pire corvée, à égalité avec le repassage.

Je suis en train d’écouter Les bandes de jeunes sont éternelles (8 épisodes).

[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 1 points 2 days ago (1 children)

🦆

Tu es à quel niveau maintenant ?

[–] troglodyte_mignon@lemmy.world 1 points 2 days ago (1 children)

J’avoue que le titre est très mystérieux.

 

Est-ce que vous vous rappelez de ces livres avec leurs couvertures super bizarres ? Je suis à peu près sûre que j’en avais deux ou trois dans ma bibliothèque, mais je ne me rappelle plus de quoi ça parlait. À part que c’était des ados qui se transformaient en animaux, mais bref. Et je crois qu’il y avait une histoire d’extraterrestres ?

Il y a des gens qui lisaient (ou lisent) ça ici ? Qu’est-ce que vous en pensiez ?

 

Laundrosaurus, par Helga Stentzel.

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Guéris vite (lemmy.world)
submitted 2 months ago* (last edited 2 months ago) by troglodyte_mignon@lemmy.world to c/petits_animaux@jlai.lu
 

© Anne Fingar

Photo issue de l’article sur le sanctuaire des hérissons de Fouencamps posté par @Camus@feddit.fr dans le Forum Libre.

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submitted 3 months ago* (last edited 3 months ago) by troglodyte_mignon@lemmy.world to c/interessant@jlai.lu
 

Sous l’Ancien-Régime, les livres vendus brochés étaient laissés non coupés parce qu’ils étaient le plus souvent destinés à être confiés par leur acquéreur, ou par le libraire, à un relieur, lequel avait besoin de la marge ainsi ménagée pour exécuter correctement son travail.

Je savais (sans en connaitre la raison) que dans le passé, il fallait souvent couper les pages des livres soi-même, et j’ai appris assez récemment qu’à une époque, on livrait les livres aux libraires encore non reliés pour qu’ils les fassent relier eux-même, mais je n’avais pas fait le lien entre ces deux informations.

Est-ce que vous avez déjà coupé un livre vous-même ?

 

Photo trouvée sur le compte Mastodon de la ville de Die (Drôme).

Apparemment, il s’agit d’une performance de la compagnie de clowns Sur le vif. Ça a l’air extrêmement bizarre mais je serais curieuse de voir ça en vrai. :-)


Pas de sapin pour moi, je n’en ai jamais acheté depuis que je suis adulte, mais je profite visuellement de celui de la loge de la gardienne, qui est fort bien décoré.

 

Hier soir, j’ai pris un peu à la dernière minute une place dans un train-couchette, pour aller rendre visite à une parente âgée à l’autre bout de la France pendant trois jours. (Visite en maison de retraite la plus ruineuse de tous les temps, mais c’est ainsi, elle mérite bien que je vienne la voir pour une fois que j’ai le weekend libre.)

Dans ma rame, il y a un gros groupe d’étudiants dans le domaine du spectacle qui doivent se produire dans une grande salle le lendemain (c’est à dire aujourd’hui), et deux d’entre eux sont assignés à mon compartiment. Ils discutent de choses diverses avec un autre de mes voisins de couchette, qui finit par se proclamer médium — très prisé des politiciens selon ses dires. L’un des deux étudiants semble extrêmement réceptif à ce sujet, et le médium prend complètement le contrôle de la discussion, à partir de cet instant c’est un quasi-monologue où il décrit longuement et extensivement ses « dons ». Le jeune homme lui demande s’il accepterait de lui dire ce qu’il voit sur lui. Le médium lui prédit complaisamment une superbe carrière dans le spectacle — prédiction prodigieusement bateau, à la « dans les prochains mois, vous recevrez une superbe opportunité professionnelle, puis pendant un moment vous aurez une période de vide, mais il faudra garder confiance car elle ne sera que passagère, et patati, et patata ». Il complète sa prédiction par une espèce de nettoyage énergétique, pour faire bonne mesure. Je roule les yeux et me restreins mentalement afin de ne hurler qu’intérieurement.

Le temps passe, la conversation s’éteint, la lumière aussi, on essaye de dormir. Certains dorment, certains ronflent, je reste désespéremment éveillée et essaie de ne pas écouter les ronflements. Le plafond est illuminé par les reflets d’une vidéo qu’un des ronfleurs regarde sur son portable en dormant...

Le train s’arrête. Rien d’inquiétant, ça arrive. Les ronflements sont d’autant plus audibles qu’ils ne sont plus noyés dans le plaisant bruit de fond du train. Hm, le train est arrêté depuis longtemps quand même. Comme c’est le milieu de la nuit, il n’y aura pas d’annonce sauf en cas de réelle urgence, et je me dis que, , ça fait vraiment longtemps, et qu’il doit y avoir un problème. Après de longues heures d’arrêt, le train repart et je réussis enfin à dormir, bercée par le roulis du train et apaisée par le chuchotement des rails.

On se réveille tous un peu en même temps à l’approche de [nom de la gare censuré]. Une annonce du chef de bord nous informe que le train a eu un souci technique cette nuit, que nous avons des heures et des heures de retard, que nous devrons tous descendre à [nom de la gare censuré] et qu’ils sont en train de nous concocter une rame de secours au petits oignons, rien que pour nous. (J’écris ceci dans une voiture de première classe aux deux tiers vide. Je crois que c’est la première fois de toute ma vie d’adulte que je voyage en 1ère.)

Tout le monde se met à discuter. Les deux étudiants sont très inquiets pour leur spectacle, il semble qu’ils pourront arriver avant le lever de rideau, mais il y a beaucoup de détails techniques à régler dans la salle et les trois quarts des membres de leur troupe se trouvent dans ce train. Ils en discutent avec le médium.

Malgré ma compassion pour eux et mon inquiétude quant à ma situation personnelle — vais-je pouvoir me rendre à la maison de retraite aujourd’hui? — je trouve la situation hilarante et me demande si les deux étudiants voient l’ironie dans le fait que leur interlocuteur n’ait pas prévu cette panne. Si cette pensée leur vient à l’esprit, ils n’en laissent rien paraitre.

Le “médium” ne pert pas de temps et dit qu’en fait il avait reçu un signe de la panne la veille avant de partir pour la gare ! Il interroge longuement ses pouvoirs puis leur déclare avec une parfaite assurance que « pour les balances, ce sera juste », mais que ça va le faire et que le spectacle sera un grand succès. D’ailleurs, les balances ne seront pas un problème, car il les soutient avec son pouvoir, qui « répare même les usines ».

Oké, c’est pas bien de se moquer des gens, et j’aurais mieux fait de réviser mes cours que de raconter tout ça. (Je vais réviser maintenant, rassurez-vous.) J’espère que le spectacle se passera bien et que je vais réussir à atteindre cette fichue maison de retraite avant la fin des heures de visite.

Si quelqu’un a lu ce pavé jusqu’au bout, il mérite bien que je lui souhaite bon appétit.

 

Today I learned about the existence of Glanzbilder in a post on !moomin@sopuli.xyz. I don’t think it’s ever been a thing in my country, but I might be wrong.

 

Est-ce que vous connaissez cette tradition? Ma grand-mère (Basses-Alpes) m’a dit qu’on le faisait dans sa famille quand elle était petite, mais je ne l’ai jamais pratiquée moi-même.

 

1955 - Moomin's Winter Follies (13/82)

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