Sylvain Cypel rappelle régulièrement ce proverbe utilisé en israël, et qui est un détournement d'un verset de la Bible : "ce qui ne s’obtient pas par la force s’obtient en usant de plus de force." Dans L'État d'israël contre les Juifs, il montre comment ce proverbe sert de ligne de conduite au pays.
Je crois que ces violences en sont une très bonne illustration. Face aux flotilles, israël n'envisage rien d'autre que recourir à toujours plus de force.
Pour moi, c'est uniquement une question de distanciation. On vouvoie pour maintenir une certaine distance, on tutoie pour la réduire.
Et les normes sociales font qu'on a plus ou moins de liberté pour choisir. Sauf exception, on va devoir vouvoyer son banquier ou son contrôleur fiscal, mais on va naturellement tutoyer ses amis et sa famille. Et, entre les deux, la norme est moins pesante et on aura davantage de liberté pour choisir, notamment, par exemple, avec ses collègues. Sachant que, par ailleurs, c'est une décision qui se prend évidemment à deux.
En tout cas, j'ai toujours trouvé absurde d'y mêler la notion de respect. Je tutoie mes amis, je tutoie ma femme, mais si je croisais la pire des ordures, je la vouvoierais parce que je n'aurais pas envie de familiarité avec elle. Pour moi, vouvoiement et respect sont totalement décorrélés et je ne comprends même pas comment on peut lier les deux.