Au-delà de la question de la pertinence statistique, cela soulève surtout un gros problème démocratique.
Les sondages sont omniprésents – ad nauseam – dans le débat public et leur impact sur l'opinion est évident. D'autant qu'ils se parent d'un habit scientifique rassurant. On peut le déplorer, et c'est mon cas, mais c'est une réalité. Or, ces sondages ressemblent de plus en plus à des boîtes noires dont personne ne connaît le fonctionnement.
Leur prégnance dans le débat public avant et pendant les campagnes électorales, c'est-à-dire, en réalité, tout le temps, devrait entraîner davantage d'obligations pour les sondeurs. Les algorithmes de redressement et les IA utilisées pour le boost synthétique devraient notamment être totalement transparents, afin que des experts indépendants puissent éclairer le grand public quant à leur sérieux.
N'oublions pas qu'en 2017, déjà, une société d'analyse de données, Filteris, avait alimenté la campagne fillonniste en se cachant derrière une pseudo-scientificité. Nous ne sommes pas à l'abri que d'autres, un jour, en fassent autant en se cachant derrière leurs algorithmes et leurs IA.